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Le trio "souffrance" de la douance

La souffrance jalonne souvent la vie de l’adulte surdoué qui n’a pas intégré et validé ses particularités ; lesquelles se déclinent selon trois axes principaux.


La différence


Cette différence concerne de nombreux aspects et elle est ressentie par le surdoué comme par son entourage vis-à-vis de lui-même. La personne surdouée se ressent comme fondamentalement différente, tel un martien qui ne posséderait pas les codes relationnels. Sa capacité de synthèse, sa fulgurance de la pensée, sa facilité à proposer des solutions innovantes, son humour décalé, son hyper-sensorialité, son hypersensibilité extrêmes génèrent des comportements et des réactions qui ne sont pas compris par son entourage et qui souvent dérangent. N’ayant pas intégré que ces particularités sont des talents à reconnaître et à exprimer, la personne surdouée doute de plus en plus d’elle-même, se dénigre, se dévalorise, tente de ressembler aux autres en installant des faux-selfs et s’éloigne finalement de plus en plus de son identité profonde.


Les proches, amis ou collègues de travail perçoivent également cette différence à de multiples niveaux. Ils remarquent des comportements et des réactions qui les surprennent. Ils peuvent être embarrassés par une sensibilité et émotivité qui les mettent mal à l’aise. La logique, le raisonnement, la fulgurance de l’esprit avec toutes ces idées qui s’entrelacent et rebondissement entre elles, les déconcertent et peuvent même les fatiguer. Selon les cas, l’envie et la jalousie, l’incompréhension, le rejet ou la moquerie peuvent s’immiscer dans les relations. Une personne surdouée est rarement admirée et quand bien même le serait elle, les jugements qu’elle a de sa propre personne, sont alors à l’opposé de ce que pourrait lui renvoyer les autres. Car elle se dénigre, se ressent comme insuffisante et médiocre. Le résultat du test de QI est parfois même remis en question, invoquant le fait que le (la) psychologue a été trop indulgent(e) ou qu’il(elle) s’est très probablement trompé(e) sur une évaluation.


L’intensité


L’intensité concerne toutes les formes d’expression, aussi bien physique, sensorielle, émotionnelle que mentale. Tout est vécu de façon extrêmement intense chez une personne surdouée. Cette intensité est expliquée en partie par les spécificités neuronales.


Tous les sens captent des informations de façon exacerbée de sorte que la personne est rapidement gênée par des odeurs, du bruit, des lumières et autres stimuli sensoriels auxquels la plupart des autres personnes ne prêtent pas attention dans ce même environnement. Des remarques d’incompréhension, parfois désobligeantes incitent la personne surdouée à taire son inconfort pour s’adapter et « ne pas faire de vague ».


Une douleur à priori anodine pour la plupart des personnes est vécue avec une intensité beaucoup plus forte. Elle peut ne pas être comprise par le corps médical qui la néglige en n’y apportant pas de réponse adaptée. Cette incompréhension majore davantage la souffrance perçue, renforcée aussi par le fait que l’entourage peut porter des jugements à connotation négative tels que « trop douillet(te), trop sensible ».


Les pensées permanentes, associant des idées ou concepts très éloignés, analysant le pour et le contre, effectuant des synthèses globales, inondent le mental qui est toujours en activité, empêchant souvent le repos et le sommeil. La personne surdouée étant naturellement spontanée et enthousiaste, elle partage ses réflexions, ses pensées associatives, ses idées, ses doutes, ses va et vient incessants et cela a pour conséquence que les autres la jugent souvent instable, changeant d’avis sans arrêt et trop souvent insatisfaite.


L’intensité concerne aussi son enthousiasme, sa spontanéité à exprimer ce qui est ressenti, ses variations d’humeur très rapides allant du désespoir profond à la joie intense en quelques minutes. Difficile à suivre, à comprendre et à vivre pour son entourage.


L’empathie manifeste pour les êtres vivants, humains, animaux, végétaux est aussi un trait majeur de sa personnalité. La personne surdouée ressent l’état psychique et émotionnel des autres de sorte qu’elle est souvent perturbée émotionnellement, ne sachant pas bien gérer cet aspect émotionnel. Elle a le souci de l’autre, elle est souvent investie dans une relation d’aide à autrui ou dans la protection des animaux ou autres espèces vivantes et elle vit cet investissement de façon particulièrement intense.


L’urgence


La personne surdouée vit dans une forme d’urgence permanente, celle de donner du sens à son existence, comprendre le sens de la vie ainsi que tous ses mystères. Sa curiosité naturelle éveille de nombreuses questions et il est toujours urgent de rechercher les réponses.


L’urgence s’exprime dans la relation aux autres. L’expression de la parole est très rapide comme s’il était urgent de parler, comme par crainte de ne pas parvenir à tout dire, comme pour suivre le flot très accéléré de la pensée.


Obtenir immédiatement des réponses aux préoccupations du moment est également urgent car le mental développe un enchaînement de pensées très inconfortable qui envahit l’esprit et génère de la souffrance. Le perfectionnisme pousse la personne dans ses retranchements et elle est très souvent préoccupée.


Il est tout autant urgent de réagir aux paroles d’autrui par des expressions verbales ou non verbales, des mouvements corporels ou comportementaux à tel point que l’adulte surdoué à des difficultés pour cacher ses émotions. Il se trouve souvent embarqué dans des ascenseurs émotionnels qui descendent et montent à toute allure, sans répit. L’intensité est telle qu’il est urgent de communiquer, que ce soit la joie ou l’enthousiasme comme le désespoir ou la profonde tristesse.


Tant que l’adulte surdoué n’a pas validé sa douance, il essaie de ressembler à des modèles inadaptés et se perd dans une conformité qui ne correspond pas à ce qu’il est, en construisant des faux selfs. Ce mécanisme de défense s’installe dès le plus jeune âge et génère de plus en plus d’inconfort au fil des années jusqu’à ce qu’une rupture d’ordre professionnel ou personnel plus ou moins violente déclenche une souffrance majeure, au décours de laquelle, un déclic s’opère. Grâce à l’orientation avisée d’un(e) thérapeute bienveillant(e) et averti(e), le conseil d’un proche ou par une recherche personnelle, la personne surdouée prend enfin conscience de sa douance. Un travail de réparation peut alors débuter avec l’élaboration d’une vie plus épanouie.


L’adulte surdoué a besoin de valider cette douance pour comprendre ses particularités, les accepter puis les offrir au monde pour vivre une vie alignée avec son essence, une vie épanouie qui prend tout son sens, dans le respect de lui-même et des autres. Un temps d’intégration est indispensable avec la réparation des souffrances vécues, la réactualisation des croyances erronées. Plusieurs approches peuvent aider en ce sens. L’hypnose est un outil particulièrement adapté pour accompagner les adultes surdoués à retrouver le chemin de leur vie.




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